Collaborer Avec Un Graphiste

Collaborer avec un graphiste freelance, ça ne s’invente pas. Alors oui je sais, les stéréotypes sur les métiers créatifs ont la vie dure, mais tout de même. Ce n’est pas parce qu’on travaille avec un DA indépendant que les choses doivent forcément être faites par-dessus la jambe. Bien au contraire. Car quand vous confiez un projet à votre graphiste, vous voulez qu’il aboutisse, pas que ce soit un échec cuisant. Logique. Vous souhaitez aussi que la collaboration soit un succès et se déroule sans accrocs. Une fois encore, logique. En même temps, qui a envie de glisser sur les peaux de banane qu’il aurait lui-même éparpillées ? A priori, aucun commanditaire sérieux n’a envie de se stresser la nouille avec une prestation menée de façon complètement aléatoire.

On ne le répétera jamais assez, la créativité n’exclut pas la rigueur (ouf). Plusieurs étapes sont donc indispensables pour qu’un projet se déroule dans les meilleures conditions. Alors, comment travailler efficacement avec son graphiste ? Avec La Baignoire, voilà le process !

Étape 1 : la soumission de projet et la prise de contact

Il était une fois une histoire qui commence inlassablement de la même manière. Un client contacte un prestataire pour lui proposer une mission. Bien souvent, ce client veut surtout savoir « combien ça coûte ». Sauf que pour répondre à cette question, le freelance aura besoin d’un certain nombre d’informations. Comme par exemple, dans le cadre d’une nouvelle collaboration, savoir qui est le client en question ! Il ne s’agit évidemment pas là d’entrer dans une sphère intime pour savoir qui dort ou non en pyjama. Non, on veut juste savoir qui est l’entreprise commanditaire en général, avec ses produits et services, ses cibles, ses valeurs…

C’est relou ton truc, t’es bien curieuse ! Peut-être, mais en même temps, le free s’adapte aux besoins de son client. Bah oui, un poussin pour le logo d’un sexeur de poussin (oui, c’est un métier), à première vue ça colle. En revanche si c’est pour un cordonnier, le pauvre sera clairement mal chaussé ! Un logo, une affiche ou tout autre support auront des orientations graphiques différentes selon l’entreprise pour laquelle on les créée. Bon, là on parle du point de vue du graphiste freelance, mais ça marche également dans le sens inverse. Car c’est aussi important que le client sache à qui il va confier sa mission.

À La Baignoire, suite à cette sollicitation initiale, je prends contact avec mon prospect. Par téléphone, mail, visio ou rdv physique, ce ne sont pas les moyens de communication qui manquent. Chacun pourra alors se présenter, mais surtout, on pourra délimiter précisément les contours du projet en question. Et ça, c’est l’étape du brief créatif !

L’erreur fréquente : penser que le graphiste freelance va envoyer un devis sans rien savoir

Bizarrement, on n’imaginerait pas aller chez un concessionnaire et demander, sans autre précision, combien coûte une voiture. C’est-à-dire qu’entre un pot de yaourt et une Ferrari, y’a un monde… Eh bien en graphisme, c’est pareil !

Étape 2 : le brief créatif ou le cahier des charges

Diantre, c’est quoi cette chose ? Clairement, c’est l’étape qui en fait pâlir plus d’un, alors que c’est de loin la plus importante. Identité visuelle, dépliant, journal interne… Peu importe la mission. Le brief créatif, appelé aussi cahier des charges, est le point de départ de tout projet. Il permet au donneur d’ordre de formaliser sa problématique et de structurer ses besoins, en intégrant notamment des contraintes techniques, fonctionnelles ou esthétiques.

Selon les projets, le cahier des charges peut faire l’objet d’un document à part entière. En effet, plus la prestation est complexe, plus la mission doit être cadrée et détaillée. La rédaction d’un CDC devient alors indispensable pour encadrer précisément le travail du graphiste mais aussi les obligations du client. Dans ce cas, le document doit obligatoirement être signé et validé par les deux parties en amont de la prestation. Pour les autres projets, un devis détaillé suffit largement à encadrer la collaboration. En somme un brief clair, c’est l’assurance de commencer à collaborer avec un graphiste dans de bonnes conditions.

L’erreur fréquente : envoyer une demande de devis avec un brief aussi court que les pattes d’un teckel

Goutte de sang qui fait déborder le calice, quand on lit pour toute précision complémentaire, la mention « urgent ».

Étape 3 : la proposition de devis et l’acompte

Vous l’aurez compris, un graphiste freelance n’est pas magicien. Il n’a pas vocation à trouver des réponses à la place de son commanditaire. Aussi, plus le client aura réfléchi son projet avant de contacter le prestataire, plus vite il recevra son fameux devis. Pour ma part, ceux que j’envoie sont transparents, exhaustifs et précisent tout ce qui devra être réalisé. De façon corollaire, tout ce qui n’est pas inclus dans le devis ne fait pas partie de ma prestation. Les clients ont bien évidemment toujours la possibilité, quand la situation le permet, de me demander autre chose. Dans ce cas, mes interventions supplémentaires feront l’objet d’un avenant.

Mes devis sont systématiquement accompagnés de mes conditions générales de vente, qui fixent le cadre légal et contractuel de mes prestations. Comme pour la plupart de mes consœurs et confrères indépendants, la signature du devis est obligatoire. Le versement d’un acompte de 30% est également demandé. Ce n’est qu’à compter de la réception de ces deux éléments que je commencerai à travailler.

L’erreur fréquente : euh, signature et acompte, c’est pas un peu strict tout ça ?

Non. C’est une façon très efficace de se protéger. Autant pour le donneur d’ordre contre des petits rigolos peu scrupuleux, que pour le prestataire contre les mauvais payeurs. Comme je l’expliquais dans l’article abordant la rémunération du graphiste, c’est un principe gagnant-gagnant !

L’autre erreur fréquente : penser que l’acompte peut être « exceptionnellement supprimé », compte-tenu des échéances serrées

Non, un indépendant n’a pas à faire les frais d’un manque d’organisation. Si le client sait que ses procédures de règlement sont longues et fastidieuses, c’est à lui de les anticiper.

Étape 4 : la phase de création

Ça y est, on rentre dans le vif du sujet. Le graphiste freelance va enfin pouvoir libérer la bête qui sommeille en lui. Oui, mais là encore, pas en un claquement de doigt. Ce n’est pas parce que les étapes précédentes ont été franchies que la créa va être pondue aussi sec. Car non, les créatifs ne sont pas des robots, et fort heureusement d’ailleurs. Même si certaines grandes lignes se rejoignent pour beaucoup, chacun suit en réalité un processus créatif qui lui est propre.

À La Baignoire, je débute systématiquement par un travail de veille graphique et de veille concurrentielle. Ça me permet de comprendre les codes d’un secteur, voir ce qui existe et trouver l’inspiration (typos, couleurs, formes…). Viennent ensuite les essais graphiques, où je tâtonne plus ou moins longtemps à coups de croquis et griffonnages intempestifs sur papier. Si certains projets sont instinctifs, d’autres demandent en revanche davantage de réflexion et de recherches. Ce n’est que lorsque j’ai trouvé des pistes qui me conviennent que je passe à la créa sur ordinateur. Là encore, je teste de nombreuses variantes d’une même idée, jusqu’à trouver celle qui répond parfaitement à la demande. Oui, pour deux propositions envoyées au client, ce sont en réalité des dizaines de tentatives que je ne soumettrai jamais !

Enfin, j’accompagne chaque proposition d’un argumentaire, pour expliquer mon parti pris créatif. Ainsi, mes clients se rendent compte que tout a un sens dans la maquette qui leur est soumise. Ce n’est pas juste conçu pour « être joli » !

L’erreur fréquente : penser que les directeurs artistiques (graphistes créatifs) avalent leur dose d’inspiration avec leur café

Votre créatif aussi a des jours avec et des jours sans. Il saura néanmoins s’organiser en tenant compte de cette variante, ça fait partie de son boulot.

Étape 5 : les allers-retours correction

Rares sont les projets qui aboutissent du premier coup. La perspective du 0 modification est à peu près aussi fréquente que celle de gagner à l’EuroMillions. C’est pourtant pas faute d’y croire hein ! Bon, en d’autres termes, les allers-retours correction sont presque toujours inévitables et font partie du jeu. Alors, pour collaborer avec un graphiste freelance de façon optimale, il faut pointer du doigt ce qui ne convient pas. Plus les remarques seront argumentées et constructives, mieux le prestataire pourra ajuster ses modifications… Et le projet aboutir dans le respect des échéances ! D’ailleurs, pour tenir les deadlines annoncées au départ, il est primordial durant cette étape que chacun fasse preuve de réactivité. D’autant que c’est en travaillant dans l’urgence que des erreurs risquent d’être faites.

L’erreur fréquente : se contenter de dire « c’est moche » ou « j’aime pas »

Le visuel doit répondre à des objectifs précis. Il est donc important de rester pragmatique pour permettre au graphiste de comprendre facilement ce qui est attendu.

Étape 6 : la validation du projet

À ce stade, on tient le bon bout. Le client est satisfait du graphisme, il ne lui reste qu’à faire une dernière relecture des textes et une vérification des contenus. Le diable se cachant souvent dans les détails, je m’assure moi aussi qu’aucune coquille ne s’est glissée fourbement. Ça y est, on est tout bon ? Alors la créa peut être validée définitivement. Une fois le projet validé, plus aucune modification n’est acceptée.

Étape 7 : Les livrables et le règlement

On a désormais envie de se dire que c’est terminé. Eh bien non, pas encore tout à fait. Le boulot du graphiste touche certes à sa fin, mais est encore plus ou moins long selon l’ampleur du projet. Il lui reste en effet notamment à nettoyer son fichier (supprimer les éléments inutiles, en fusionner d’autres, vectoriser…). Rien à voir avec un aspirateur ou un plumeau donc ! Il faut également préparer l’ensemble des fichiers pour les usages, print ou numériques, définis dans le devis.

Ultime tâche, la préparation et l’envoi de la facture. À La Baignoire, cette formalité administrative est gérée par Port’Ability, la société de portage salariale avec laquelle je collabore. Le client pourra alors régler le solde directement auprès de mon partenaire, en respectant les délais de paiement indiqués. Un graphiste freelance ne dispose en effet pas de la même trésorerie qu’une entreprise. Les retards de paiement peuvent avoir de lourds impacts sur votre prestataire, pensez-y !

Finalement, c’est pas si compliqué de collaborer avec un graphiste !

Honnêtement non, on a connu pire comme processus de travail. Si de prime abord ces étapes soufflent comme un vent prêt à décorner les biquettes, elles sont indispensables. Témoins d’une rigueur nécessaire, elles sont le gage d’une collaboration réussie et d’un projet abouti. En aucun cas le fait de les respecter n’induit que chaque mission durera forcément 15 plombes.

Je le répète, le cahier des charges est la véritable clef de voute de toute prestation. Pour autant que le CDC soit placé au cœur du process, un professionnel sera apte à faire face à des plannings serrés. Plus le projet sera pensé en amont et soumis avec un brief précis, plus le freelance pourra y répondre rapidement. La réactivité, du graphiste comme du client, est d’ailleurs un des autres critères de réussite. Ce qui ne veut pas dire pour autant que le créatif est supposé faire des modifs un samedi à 22h…

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